Masque de mensonges. Depuis trop longtemps je
te porte, depuis trop longtemps je
te supporte...
Tout a commencé il y a un peu plus de cinq ans... Je me découvrais différent. Je me découvrais des attirances non conformes à la norme établie par la société.
C'est à ce moment là que
tu m'es apparu. C'était comme une évidence pour moi: il me fallait
te porter. Tout d'abord, je
te portais tout le temps.
Tu étais une part de moi.
Le masque devenait ma peau... Avec
toi sur mon visage, tout allait bien. J'étais hétérosexuel, il n'y avait aucun doute là-dessus... C'est tellement plus rassurant de se sentir entouré de gens qui nous ressemblent.
Mais ce n'était qu'une illusion. Petit à petit, je parvins à
te distinguer.
Tu ne faisais plus un avec mon visage comme dans le passé. Tel un parasite
tu t'accrochais à ma peau nuits et jours.
Tu me brûlais. Ma peau irritée commençait à avoir du mal à
te supporter constamment. Un jour, je pris mon courage à deux mains et au prix de nombreux efforts je parvins à
t'arracher à moi. Cela ne se fit pas sans douleurs, je l'avoue, mais après cette épreuve je pu à nouveau me regarder dans un miroir et voir mon vrai visage, mon vrai moi. Quelques temps plus tard, je réussi même à parler à ma famille à visage découvert...
Certes, je suis différent, mais je ne suis pas pour autant un monstre. Chaque individu est unique. Chaque individu possède des caractères qui lui sont propres et qui font de lui un être différent. Je suis différent comme tout le monde : je suis donc normal.
C'est ainsi que je pris confiance en moi.
Masque de mensonge,
tu n'es pour moi plus qu'un poids. Je
te porte encore hors de mon chez moi, mais, lorsque
tu me tiens trop chaud et que j'étouffe, j'aime
te retirer pour sentir le vent sur mon visage. La légère caresse de la brise est tellement agréable. Lorsqu'elle m'effleure, je me sens libéré, je me sens réel. Pourtant,
masque de mensonges, il faut que je
t'avoue qu'en
te quittant, je prie toujours pour ne pas avoir affaire aux bourrasques d'une tempête...